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Le blog de la Fédération Française de Généalogie, reconnue d'utilité publique

Colloque les mondes de la généalogie : Charly Jollivet

26 Janvier 2019, 18:12pm

Publié par F.F.Généalogie

Colloque les mondes de la généalogie : Charly Jollivet
Colloque les mondes de la généalogie : Charly Jollivet

Le conférencier : Docteur en archivistique, il est l’auteur d’une thèse intitulée : Archives, archivistique et logiques d'usage dans les territoires issus de la colonie de Madagascar de 1946 à nos jours. Navigant entre les archives et la recherche, il a notamment été en poste aux archives départementales de Mayotte où des projets de coopération lui ont permis de nouer des contacts avec des archivistes et chercheurs comoriens. 

Quelles généalogies et quelles archives pour la généalogie aux Comores et à Mayotte ?

Dans cette région du monde où ancêtres et traditions occupent une place prépondérante, quand bien même l’écrit ne s’est imposé que tardivement, on pourrait s’attendre à ce que la généalogie suscite, a minima, un intérêt. L’interrogation des services d’archives de la région montre pourtant la quasi absence d’un public de généalogistes. Est-ce à dire que la généalogie s’y fait sans les archives, voire qu’il n’y a pas de réelles pratiques généalogiques ? De fait, si des freins multiples rendent parfois difficile l’accès 
aux services d’archives locaux, la partition des archives résultant de l’indépendance de ces anciennes colonies, la modicité des ressources archivistiques conservées et les politiques archivistiques menées peuvent aussi contribuer à expliquer la désertion des généalogistes. Le cas des Comores, où les Archives nationales sont réduites à peu de choses est emblématique en cela. Mais des freins plus impalpables sont également présents. Il est ainsi probable que l’histoire de ces îles soit pour certains lourde à porter. Le passé colonial y est synonyme notamment d’esclavage et d’engagisme. La période postcoloniale s’ouvre avec la séparation de Mayotte du reste des Comores et les déchirements, voire les haines, qui en résultent. Pour autant, quelques travaux généalogiques sont produits. Certaines histoires étant plus valorisables que d’autres, en ces terres d’islam la généalogie peut même permettre de conférer une forme de prestige, particulièrement lorsque l’on parvient à montrer que l’on descend d’un prophète. Néanmoins, pour des raisons tant archivistiques que sociétales et historiques, établir une généalogie aux Comores ou à Mayotte peut s’avérer réellement compliqué. Ainsi, l’existence de la polygamie, mais surtout les failles de l’état civil et un système de filiation spécifique (le patronyme ne se transmet pas forcément aux descendants) complexifient les démarches. Cette communication propose de s’appuyer à la fois sur des informations collectées sur place (sources d’archives, état des fonds, statistiques de fréquentation, etc.) entre 2012 et 2015 pour les besoins d’une thèse, sur la bibliographie, ainsi que sur le dépouillement de ressources en ligne (sites web institutionnels, groupes de discussion, sites web et autres espaces généalogiques).Dans le but de qualifier les pratiques généalogiques observées, il s’agira à la fois de voir où elles se déroulent, ce qui les motive, ce qui est produit et quels matériaux sont utilisés. Les éventuelles actions des services d’archives locaux en lien avec la généalogie seront plus particulièrement étudiées. Nous chercherons enfin à déterminer quels types de recherches généalogiques sont possibles avec les ressources archivistiques disponibles. 
 

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