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Le blog de la Fédération Française de Généalogie, reconnue d'utilité publique

Colloque les mondes de la généalogie : Tiphaine Barthelemy

26 Janvier 2019, 17:53pm

Publié par F.F.Généalogie

Colloque les mondes de la généalogie : Tiphaine Barthelemy
Colloque les mondes de la généalogie : Tiphaine Barthelemy

La conférencière : anthropologue, est professeure à l’Université de Picardie Jules Verne et membre du Centre universitaire de recherche sur l’action publique et le politique. Epistémologie et sciences sociales (CURAPP-ESS, UMR 7319). Elle a travaillé sur les partages successoraux égalitaires et les modes de reproduction sociale des agriculteurs du centre de la Bretagne, puis sur les principes hiérarchiques à l’œuvre chez les grands propriétaires fonciers. Elle s’intéresse aujourd’hui à la diversité des processus de patrimonialisation dans les sociétés contemporaines, à partir notamment des activités des sociétés savantes en Picardie. 

 De la quête des ancêtres à celle des « cousins ». Transformations de la fabrique généalogique dans la bourgeoisie.

Née dans les milieux aristocratiques et bourgeois de la nécessité de montrer des preuves – de noblesse sous l’Ancien Régime, puis plus généralement d’ancienneté et d’illustration, la généalogie est une pratique constante dans ces mondes sociaux tout au long des 19e et 20e siècles. On ne s’étonnera donc pas qu’elle le soit restée au 21e. Toutefois et c’est ce qui peut justifier la présence de cette communication dans ce colloque, la fabrique notabiliaire de la généalogie s’est profondément transformée, du fait sans doute du recours à l’outil informatique mais aussi, parce qu’elle semble avoir été innervée, par un effet de retour, par les nouvelles pratiques auxquelles elle avait pu jadis servir de modèle. Ainsi, c’est moins une légitimation par les ancêtres qui en constitue l’enjeu aujourd’hui que l’établissement de liens entre les vivants susceptibles de constituer un réseau de sociabilité et d’entraide, voire une communauté d’habitus. C’est du moins ce que 
je tenterai de montrer ici à partir de l’exemple de la constitution d’une généalogie et d’un livre de famille dans lesquels j’ai occupé à la fois une position de partie prenante et d’ethnographe de la parenté (qui donne beaucoup à voir sur les rapports entre les généalogistes et leurs objets). Cet exemple – celui d’une famille bourgeoise nantaise – permettra dans un premier temps de montrer comment la pratique de la généalogie proprement dite s’est vue dépasser par ses « à côté », à la construction d’un légendaire familial (généalogie et livre) succédant l’organisation quinquennale de cousinades, la constitution d’un site web, la rédaction d’un bulletin, le postage d’annonces, la vente d’objets etc. Plus généralement, cet exemple servira de point de départ pour s’interroger sur ce que ces transformations de la pratique disent des processus de reproduction et de mobilité sociale, des usages de la mémoire et des rapports au temps dans un monde social oscillant entre ouverture et maintien de ses frontières.  

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