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Le blog de la Fédération Française de Généalogie, reconnue d'utilité publique

Thierry Chestier, 9e président

13 Mai 2025, 17:14pm

Publié par F.F.Généalogie

Thierry Chestier, 9e président

Poitiers, les ancêtres et la caserne : une vie à double foyer

Thierry Chestier est né le 27 août 1960 à Poitiers, dans la Vienne, département qu'il n'a jamais vraiment quitté. Cette fidélité à sa terre natale n'est pas de la sédentarité : c'est la conscience profonde que ses racines y plongent depuis des siècles, et que nulle part ailleurs il ne se verrait vivre. Interrogé un jour sur le lieu idéal pour habiter, il répond sans hésiter : « Je vis dans la Vienne, une des terres de mes ancêtres, je ne me verrais pas vivre ailleurs. »  Sapeur-pompier professionnel de carrière, il fait de la généalogie depuis plus de trente ans. La passion commence par une rencontre décisive : un Chestier inconnu, porteur d'un nom peu courant dont il ne connaissait jusque-là que la famille proche.  Cette curiosité pour les homonymes, pour les cousins insoupçonnés, deviendra l'une de ses marques de fabrique les plus attachantes.

Père de cinq enfants et grand-père, il confesse volontiers ses pires défauts de généalogiste : se coucher très tard, et surtout souffrir de l'heure de fermeture des archives.  Un aveu qui fait sourire, mais qui dit tout de l'intensité de sa pratique.

L'homme des cousinages célèbres

Avant d'être connu comme président de la FFG, Thierry Chestier s'est fait un nom dans le grand public par une spécialité originale et médiatique : la généalogie descendante et la traque des cousinages avec des personnalités. En 2002, dans l'émission Envoyé Spécial, il remet son arbre généalogique à son cousin éloigné l'animateur Jean-Pierre Foucault, et récidive dix ans plus tard avec le célèbre chef Joël Robuchon.  Les apparitions télévisées ne sont pas de la simple autopromotion. Elles incarnent une conviction profonde : la généalogie ne doit pas rester confinée dans les cercles d'initiés. Elle doit parler à tout le monde, montrer que les familles se croisent, que la France est un grand tissu de cousinage, et que chaque Français porte en lui des liens insoupçonnés avec ses contemporains. 

Un bâtisseur régional au long cours

Avant de briguer la présidence nationale, Thierry Chestier construit patiemment sa légitimité sur le terrain poitevin. Il préside le Cercle Généalogique Poitevin et l'Union Généalogique Poitou-Charentes, et siège comme administrateur du salon Collection Passion. Il organise notamment le 23e Congrès national de généalogie à Poitiers, vitrine de son talent organisateur et de son ancrage territorial.

Cette expérience d'organisateur d'événement de grande envergure lui vaut une réputation solide dans tout le réseau associatif. On sait qu'avec lui, les choses se font — et dans les délais.

Une élection sous le signe du renouvellement

Le 4 juin 2016, Thierry Chestier est élu président de la Fédération Française de Généalogie en remplacement de Jean-François Pellan, qui ne se représentait pas. Il a alors 55 ans. Son bureau de neuf membres — sept actifs et deux retraités, trois femmes et six hommes — constitue une première dans l'histoire de la Fédération par sa mixité affichée, avec deux vice-présidentes.   Le signal est clair : la FFG se veut moderne, ouverte, représentative d'une France généalogique plurielle.

À ses côtés, on retrouve notamment Jean-Paul Cornu comme premier vice-président, Valérie Arnold-Gautier comme vice-présidente chargée des relations extérieures, et Christophe Drugy comme secrétaire général  — un signe prémonitoire des mandatures futures, tant ces noms formeront le fil conducteur de la FFG pour une décennie.

Le mandat de la consécration institutionnelle

La grande réussite du mandat Chestier est sans conteste l'obtention de la reconnaissance d'utilité publique. La démarche avait été initiée fin 2014 par son prédécesseur Jean-François Pellan, mais c'est Thierry Chestier qui a le plaisir d'annoncer la publication du décret au Journal Officiel du 23 avril 2017.  Cette reconnaissance consacre officiellement le rôle de la généalogie comme loisir jouant un rôle important dans la société. Elle confère à la FFG la pleine capacité civile — lui permettant désormais de recevoir des dons et des legs — et la place en bonne position vis-à-vis du fisc, des collectivités territoriales et des services d'archives. Elle légitime aussi les actions de la fédération pour peser sur les débats publics concernant les archives et les lois liées à celles-ci.  Une victoire diplomatique et juridique de première importance.

L'internationale généalogique

L'autre temps fort du mandat est la dimension internationale. Le Congrès international d'Arras en octobre 2018, pour lequel Thierry Chestier remercie publiquement Christophe Drugy, réunit 130 personnes venues de plus de 25 pays.  Un succès retentissant pour une fédération qui entend se positionner comme interlocuteur légitime de la généalogie mondiale.

Dans son rapport moral de juin 2019, Chestier souligne également le colloque Géné@2018 consacré à la généalogie et à l'ADN, qui avait réuni 216 personnes venues d'une demi-douzaine de pays dans les locaux de l'Assemblée nationale. Une manifestation emblématique, qui préfigure les batailles réglementaires que sa successeure Valérie Arnold-Gautier poursuivra avec acharnement.

La sortie par la grande porte — et le Conseil supérieur des Archives

En juin 2019, Thierry Chestier passe la main à Valérie Arnold-Gautier sans drama, sans crise, dans l'ordre républicain associatif. Il laisse une institution reconnue d'utilité publique, rayonnante à l'international, et dotée d'une équipe renouvelée. Depuis mai 2019, il siège comme membre du Conseil supérieur des Archives, instance nationale où les questions d'accès aux archives, de politique documentaire et de mémoire collective se décident au plus haut niveau. Une reconnaissance institutionnelle méritée, pour un homme qui a passé sa vie entre les flammes et les registres.

Aujourd'hui président d'honneur de la Fédération Française de Généalogie, il continue de présider le Cercle Généalogique Poitevin et de siéger au Conseil supérieur des Archives en tant que personnalité qualifiée.

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